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Culture et barbarie européennes

Directeur de recherches émérite au CNRS, Edgar Morin est docteur honoris causa de plusieurs universités à travers le monde. Son travail exerce une forte influence sur la réflexion contemporaine. La Méthode (six volumes au total), son œuvre majeure, affronte la difficulté de penser la complexité du réel - Éditions Bayard, 2005

« Tout au long de mes travaux, j’ai essayé de montrer que les idées d’Homo sapiens, d’Homo faber et d’Homo economicus étaient insuffisantes : l’Homo sapiens peut en même temps être Homo demens. » Structuré en trois « moments » (« Barbarie humaine et barbarie européenne », « Les “antidotes” culturels européens », « Penser la barbarie du xxe siècle » - totalitarisme soviétique, nazisme, fascisme), cet essai d’Edgar Morin propose, après une rapide fresque historique, une réflexion sur la coexistence de culture et barbarie, les ambivalences des idées et leurs conséquences (la « nation », l’humanisme à double visage, la colonisation et l’émancipation...) et rend évident que l’Europe ne pourra se construire que dans et par la reconnaissance de toutes les barbaries - et non par les repentances - car « penser la barbarie, c’est déjà commencer à résister ».

« L’Europe a été le foyer d’une domination barbare sur le monde durant cinq siècles. Elle a été en même temps le foyer des idées émancipatrices qui ont sapé cette domination. Il faut comprendre la relation complexe, antagoniste et complémentaire, entre culture et barbarie, pour savoir mieux résister à la barbarie.

Les tragiques expériences du XXe siècle doivent aboutir à une nouvelle conscience humaniste. Ce qui est important, ce n’est pas la repentance, c’est la reconnaissance. Cette reconnaissance doit concerner toutes les victimes : Juifs, Noirs, Tziganes, homosexuels, Arméniens, colonisés d’Algérie ou de Madagascar. Elle est nécessaire si l’on veut surmonter la barbarie européenne.

Il faut être capable de penser la barbarie européenne pour la dépasser, car le pire est toujours possible. Au milieu du désert menaçant de la barbarie, nous sommes pour le moment sous la protection relative d’une oasis. Mais nous savons aussi que nous sommes dans des conditions historico-politico-sociales qui rendent le pire envisageable, particulièrement lors des périodes paroxystiques.

La barbarie nous menace, y compris derrière les stratégies qui sont censées s’y opposer. »

( Retrouvez tous les ouvrages de cette catégorie dans le catalogue de la bibilothèque )

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