

L’intelligence collective désigne les capacités cognitives d’une communauté résultant des interactions multiples entre des membres (ou agents). Ces derniers ne possèdent qu’une connaissance partielle de l’environnement et n’ont pas conscience de la totalité des éléments qui influencent le groupe. Des agents au comportement très simple peuvent ainsi accomplir des tâches très complexes grâce à un mécanisme fondamental appelé synergie. Sous certaines conditions particulières, la synergie créée par la collaboration fait émerger des facultés de représentation, de création et d’apprentissage supérieures à celles des individus isolés. Ce fait est très bien illustré par l’aphorisme 1 + 1 = 3. L’étude de l’intelligence collective implique aussi l’étude des limites des interactions entre membres d’un groupe, limites qui conduisent à des erreurs collectives parfois catastrophiques.
Dans la nature, l’intelligence collective s’observe principalement chez les insectes sociaux (fourmis, termites et abeilles), les animaux se déplaçant en formation (oiseaux migrateurs, bancs de poissons) et, dans une moindre mesure, les mammifères sociaux chassant en meute (loups, hyènes). Les points communs de ces diverses espèces sont exactement ceux qui caractérisent l’intelligence collective :
Les individus aiment la proximité de leurs semblables et tendent à être grégaire car ils obtiennent un avantage substantiel à chasser, se déplacer ou vivre en groupe.
Ils interagissent de manière locale par le moyen de signaux (grognement, phéromones, attitudes).
L’individu seul répond instinctivement à certains stimuli. La coordination du groupe est implicite et se fait au travers de règles comportementales très simples au niveau individuel.
La bio-inspiration a amené de nombreux chercheurs à emprunter les principes mis en exergue chez les insectes sociaux pour en faire des algorithmes et des paradigmes d’ingénierie très efficaces pour la résolution de certains problèmes. Ils sont souvent regroupés sous l’appelation « système multi-agent » (SMA). De même la notion d’intelligence collective tend à prendre une importance notable dans le cadre très large de l’économie de la connaissance. C’est le cas avec le développement des communautés (voir notamment Communauté de pratique). En organisation, le management de/par projet depuis les années 60 est une illustration. Les développements technologiques du dit "Web 2.0" ou encore Web sémantique permettent le développement d’une intelligence collective sur Internet. Des outils tels que les Wiki, les "social bookmarks", les moteurs sociaux de recherche (par exemple Lycos IQ) favorisent l’échange et le partage de connaissance en s’appuyant sur la mutualisation du travail (rédaction, recherche d’information, expertise) de tout un chacun. (Sources : Wikipedia)